J’ai l’impression d’être le dernier des mohicans en matière de tri photographique. Mes amis, eux, affichent une méthode infaillible : ils ne gardent que les photos qui ont vraiment de la valeur. Ils parlent de « faire le vide » comme si c’était un nouveau yoga tendance. Moi, je suis là, assis sur mon tas de 10 000 clichés de vacances où on ne voit que mes pieds et des paysages flous. Les questions fusent : est-ce qu’une photo de ma pizza a vraiment sa place dans ce festival du tri ? Et ce selfie où je fais une tête bizarre avec un filtre pastel, c’est la quintessence de mon existence ou juste un accident visuel ? Je me demande aussi si ces gens maîtrisent une sorte de sorcellerie pour savoir quoi garder ou jeter. Peut-être qu’ils possèdent un manuel secret des photos utiles et que j’ai raté la réunion d’information ! Si quelqu’un peut m’éclairer sur ce processus hautement mystérieux du ‘photo-tri’, je suis preneur. Comment éviter de me retrouver à trier entre le banal et l’indispensable sans me perdre dans mes propres souvenirs ?
Étrangement, je trouve que le tri de photos est une manière d’inviter le chaos dans notre mémoire. Plutôt que de suivre les règles arbitraires des « incontournables », pourquoi ne pas explorer un système plus intuitif ? Par exemple, regrouper par émotions ou moments vécus plutôt que par qualité esthétique. Une photo floue peut évoquer des souvenirs puissants, tout comme une œuvre d’art. Pour éviter le dilemme du banal contre l’indispensable, crée un dossier pour chaque sentiment et laisse les images s’y glisser naturellement. C’est en embrassant le désordre qu’on révèle souvent la véritable valeur de nos souvenirs.