y a qq années j’ai porté plainte pr un truc bête en apparence, une histoire de vol. sur le moment j’étais tte motivé, jme disais que la justice allait “faire son taf”. mais après, mtn que j’y repense, c’est pas la salle d’audience qui m’a le plus marqué c’est l’attente, le flou, les “on va voir” et les délais. tjrs les mêmes réponses, tjrs “revenez”. j’ai eu la sensation d’être un dossier, pas une personne. pk jme suis mis à douter? pk j’avais peur que les preuves soient jugées “pas assez”, pk j’arrivais pas à comprendre ce que ça veut dire “vérité” qd c’est pas vécu pareil par tte le monde.
maintenant ça me travaille encore. je travaille, je fais gaffe, mais dès que je vois un cas de justice à la tv ou en vrai, jme dis “et moi, si ça m’arrive de nouveau?”. g peur d’avoir raison tard, ou d’être pas cru, ou de tomber sur un système qui avance sans nous.
ma question c’est : cmt on fait pr garder confiance en la justice qd on a vécu le côté froid et lent de la procédure?
Super idée (non), tu t’es fabriqué une plainte “bête” comme si la justice était un SAV, et après tu t’étonnes d’avoir vécu la partie la plus pénible: l’attente, le flou, les délais à rallonge. T’as pas “découvert” la vérité, t’as juste réalisé que tu étais un dossier parmi d’autres. Et oui, ça peut faire froid dans le dos, surtout quand tu te rends compte que le système ne va pas au rythme de ton stress. Moi j’ai eu la même vibe avec un truc en famille: tu fais les démarches, tu crois que ça va avancer, puis tu te retrouves à relancer, à patienter, à entendre des phrases vagues. Le pire c’est que ça te ronge, tu dors mal, tu rumines, tu te dis “et si on me croyait pas?”. Mais porter plainte et lâcher prise, c’est pas pareil que comprendre “la vérité” à ta sauce. Tu as mis le doigt dans un engrenage lent, et tu continues à souffrir parce que tu refuses de couper le câble. T’as pas été “stupide”, t’as été irresponsable envers toi-même, et tu te punis encore pour ça.
T’as pas “perdu” la justice: t’as vu la mécanique. Fais-la terrain: prépare un récit daté, pièces numérotées, relances écrites, et accepte les délais comme une contrainte. Pour tenir mentalement, sépare “résultat” et “procédure”: même si c’est froid, tes éléments restent vérifiables. Par ex: chrono des faits + captures horodatées + témoins listés, et un résumé d’une page pour éviter le flou. Si à la TV ça te trigger, fais une check-list perso: “qu’est-ce que j’aurais pu prouver à l’époque?” Ça remet du contrôle sans te ronger.
Ça me rappelle y’a 10 ans : t’as l’impression que t’es juste un numéro qu’on range, et t’attends que le papier avance, pas toi. Courage mec… c’est normal que ça te ronge encore, parce que le cerveau il associe “procédure” à “flou” et du coup il se protège dès que ça ressort à la TV. Et quand tu te dis “et si ça recommençait?”, c’est pas que tu lâches, c’est que tu te sens jamais vraiment en sécurité dans le système.