On m’a aussi conseillé la photographie comme si c’était une évidence pour “voir autrement”. Moi, ça m’a laissé perplexe. J’ai essayé une première fois il y a quelques années avec un appareil “correct”, plein d’espoir, et j’ai vite retombé sur la réalité : je passais plus de temps à régler, à regarder l’écran, à recommencer… qu’à ressentir le moment. Au début je croyais que c’était moi qui n’avais pas le bon matériel, donc j’ai continué à investir, puis j’ai fini par me demander si je ne confondais pas passion et obsession.
Ce qui m’a le plus refroidi, c’est la comparaison permanente. Sur les réseaux, tout a l’air simple et magique : une lumière parfaite, un cadrage trouvé en deux secondes. Dans la vraie vie, je me prends des râteaux : des photos plates, des souvenirs moins “vrais” que je ne l’imaginais, et parfois même une gêne à photographier les gens. J’ai appris des choses, oui, mais j’ai aussi appris à me frustrer.
Là, mon inquiétude c’est de savoir si je dois vraiment m’y remettre, ou si ça va juste me reposer les mêmes doutes. Vous, vous avez vécu quoi exactement quand vous avez commencé : ça a débloqué votre regard, ou ça vous a surtout donné du travail en plus ?
Je me souviens quand j’ai compris : viser la photo, ça tue le moment; j’ai lâché le viseur, enfin.
Ce qui marche c’est de photographier sans viser “le bon résultat” tout de suite. J’ai remis le nez dehors avec un seul objectif: comprendre la lumière, bouger un peu, attendre. Au début, ça gêne, puis ça passe quand on lâche l’écran et qu’on laisse les gens vivre. Si tu ne te compare pas, ça devient une curiosité, pas une obsession.
Ces temps-ci, pk fantasmer ? La photo, c’est taffer et comparer, fada… mais si c’est pour ressentir, ça passe.